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« En Benur Simone ! », un défi qui allie la mobilité à l’aventure

Joseph Mignozzi, fan de vélo et de voyages, voit sa vie soudainement basculer en 2012 à la suite d’un accident de moto. Il passera 2 ans en fauteuil roulant, ne sachant pas s’il pourra remarcher un jour. Ne voulant pas renoncer à sa soif de rencontres et à ses rêves d’évasion, il conçoit le premier vélo à assistance électrique pour personnes à mobilité réduite sans transfert. Comme dans un char romain, on monte et on descend du vélo Benur sans l’aide d’un tiers.


En 2015, Joseph Mignozzi débute l’aventure Benur via la fabrication d’un premier prototype de son tricycle électrique. L’objectif ? Rendre l’espace public accessible à tous ! Deux ans plus tard, c’est le coup de foudre entre la direction de l’Accessibilité SNCF et la start-up innovant pour la mobilité, réunies à l’occasion du Forum Access Solutions 2017. Depuis, l’entreprise ferroviaire continue de suivre les péripéties de Benur. Leur dernier projet en date, « En Benur Simone ! », n’était pas des moindres : relier Lyon à Bruxelles avec leur tricycle, le tout en 12 jours ! Au terme de l’aventure, Joseph Mignozzi se livre à SNCF.

Bonjour Joseph. D’où vous est venue l’idée de « En Benur Simone ! » ?

Joseph Mignozzi : Bonjour. L’idée est venue d’un collectif d’utilisateurs de Benur en fauteuil roulant qui avaient envie de vivre une aventure. Ils ont immédiatement accepté de relever le défi de se lancer dans un parcours de 1 000 kilomètres, puisque les capacités du vélo le permettaient. En partant de là, nous nous sommes rattachés au défi Sun Trip 2021, une aventure à vélo solaire entre Lyon et Bruxelles se déroulant au début du mois de juin. Nous avons ainsi voulu montrer comment être en autonomie grâce à l’énergie solaire et avons rejoint leur projet. En plus de tout cela, nous avions pour ambition de promouvoir la mobilité inclusive et de sensibiliser la Commission Européenne, avec qui nous avions rendez-vous à Bruxelles à notre arrivée.

Comment avez-vous préparé ce défi et quelles ont été les réactions autour de vous à l’annonce du projet ?

Joseph Mignozzi : Il nous a fallu 6 mois pour nous préparer et réaliser des réunions hebdomadaires nous permettant d’évoquer différents thèmes. Nous avons dû nous pencher sur la logistique, notamment pour le logement. Avec le recul, je réalise que notre plus grand challenge était celui de loger une équipe de 11 personnes, dont 5 utilisateurs de fauteuil roulant. Il a fallu beaucoup d’organisation pour réserver des hébergements accessibles. Un autre thème à prendre en compte était celui du matériel, car nous avons conçu nous-mêmes le Benur solaire de A à Z. Enfin, nous devions nous occuper des équipements des vélos solaires, d’outils de performance et de contrôle, et nos réunions nous servaient alors de laboratoire pour faire des calculs sur le vélo électrique.

Concernant les réactions de nos entourages, elles ont été très positives. Nous avons pu mesurer l’engouement autour du projet grâce au financement participatif que nous avons mis en place et promu via nos partenaires et nos réseaux sociaux, et qui a rencontré un succès immédiat. Nous avons également été appuyés sur le plan financier par des entreprises privées qui nous ont aidé sans problème.

Quels ont été les meilleurs et pires souvenirs de cette aventure ?

Joseph Mignozzi : Je dirais que mon meilleur souvenir aura été de partager cette aventure avec tous les pilotes, mais aussi de rencontrer de nouveaux visages dans chaque ville traversée et de pouvoir échanger avec les curieux. Outre l’aspect humain, j’ai aussi adoré découvrir certains paysages, notamment l’Alsace et la Route des Vins.

En revanche, mon plus mauvais souvenir aura été un incident de la circulation provoqué par une voiture. Toutefois, cet aléa ne nous a pas empêché de terminer la course.

A quelle échelle les entreprises comme SNCF peuvent vous aider dans l’aventure Benur ?

Joseph Mignozzi : De mon point de vue, SNCF est un acteur de la mobilité qui déplace les gens, je dirais donc qu’on fait presque le même métier. L’entreprise ferroviaire transporte dans un train toutes les personnes, dont celles à mobilité réduite. Benur peut compléter cette chaîne de la mobilité en faisant en sorte qu’une personne puisse accéder à un train, puis continuer son parcours en découvrant une ville ou en réalisant le dernier kilomètre parfois difficile à parcourir.

Quels sont vos projets par la suite ? Pensez-vous faire une seconde édition de « En Benur Simone ! » ?

Joseph Mignozzi : Concernant Benur, notre projet est de faire en sorte qu’on retrouve de la mobilité partout, que ce soit dans les gares ou ailleurs, pour parler vraiment de mobilité inclusive. Une nouvelle aventure « En Benur Simone ! » est bien évidemment envisagée, pour montrer et démontrer que la mobilité est vraiment pour tous.

8 juillet 2021

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