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SAS-VH pour
un accès autonome au train

Du 18 au 29 janvier 2010, près de la gare de Lyon Perrache, des personnes handicapées ou à mobilité réduite ont pu découvrir et tester plusieurs maquettes, issues des recherches menées dans le cadre du projet SAS-VH.

Du 18 au 29 janvier 2010, près de la gare de Lyon Perrache, des personnes handicapées ou à mobilité réduite ont pu découvrir et tester plusieurs maquettes, issues des recherches menées dans le cadre du projet SAS-VH. Ce projet peut permettre de répondre à l’obligation de mise en accessibilité de la chaîne du déplacement en 2015.

Sous le nom de code SAS-VH se cache la volonté de réaliser un système d’accès sécurisé aux véhicules ferroviaires pour les voyageurs handicapés. La nécessité de régler le problème de différence de niveau entre les quais de gare et les planchers des voitures ferroviaires a poussé le groupe SNCF à répondre à un appel à projet lancé par le Prédit et à devenir partenaire d’un projet de recherche ambitieux. L’objectif étant, avec ces recherches, de s’affranchir de cette difficulté en développant un dispositif sécurisé embarqué à bord des véhicules. Débuté en 2004, le projet naît d’un constat : le quai est le dernier stade d’accessibilité aux trains. L’idée était de combler cette lacune, principal obstacle pour des personnes handicapées en fauteuil roulant, pour des personnes aveugles ou malvoyantes mais aussi pour des personnes momentanément à mobilité réduite et plus globalement pour des voyageurs encombrés de bagages.

De nombreuses entreprises industrielles partenaires (Alstom- Transport, VITEC multimédia, Réseau Ferré de France) et des partenaires académiques (CEA List, INRETS, Université Diderot Paris 7) collaborent au projet qui est financé par le PREDIT mais aussi par la région Ile de France, le Conseil Général de Seine Saint-Denis et la ville de Paris.

Au cours des dernières années, un certain nombre de dispositifs ont été testés dans différents pays. En Europe notamment, plusieurs exploitants ont tenté de mettre en place des solutions, mais aucune d’entre elles ne satisfaisait aux problèmes français ainsi qu’aux besoins des personnes à mobilité réduite.

Photo d'une personne en fauteuil électrique testant une des maquettes

La diversité des situations auxquelles il faut faire face à conduit à orienter les recherches vers trois types de systèmes :

  • Des pentes mobiles
    Cette maquette a été conçue par Alstom sur le site de Reichshoffen. Elle simule un véhicule comprenant un plancher à 600mm du sol et des quais à des hauteurs de 385, 550 et 760 mm. Le principe est de permettre au seuil d’entrée du véhicule de s’ajuster à la hauteur du quai correspondant. Le problème est de rendre adéquat le système aux trois hauteurs de quais. Pour ce faire, l’idée est d’utiliser des vérins hydroliques pour mouvoir les pentes intérieures et les quais. Reste que ces différentes pentes ne doivent pas occasionner de gène pour le déplacement des personnes à mobilité réduite. Des zones critiques ont été d’ores et déjà pré identifiées d’où l’importance des tests auprès des personnes en situation de handicap.
  • Un ascenseur
    Cette maquette a été conçue par le groupe SNCF sur le site de Bischheim. Le principe est de pouvoir permettre aux personnes en fauteuil roulant d’accéder à la zone voyageur d’une rame TGV 1 niveau (à un plancher de 1069 mm !) par un ascenseur circulaire après avoir franchi, grâce à une pente mobile, des quais de 550 et 760 mm dans la zone d’entrée mais là encore des zones critiques préssenties demandent expérimentation.
  • Des pentes fixes
    Cette maquette, également réalisée par le groupe sur le site de Bischheim, doit permettre aux personnes en fauteuil roulant d’accéder à la zone voyageur de la rame en utilisant une succession de pentes faibles fixes après avoir franchi une pente mobile qui s’adapte sur des quais de 550 et 760 mm dans la zone d’entrée. Dans ce système de pente, l’enjeu est essentiellement d’évaluer les espaces intérieurs, les ruptures de pentes et le cheminement à réaliser au sol mais aussi en 3D.

Actuellement, un système de photogrammétrie qui utilise des capteurs optiques, associés à un logiciel de traitement d’images, est développé afin que la palette sache à quel moment se déployer. Les cibles positionnées sur les quais et sur le comble lacune sont réfléchissantes aux infra rouge. Elles permettent aux logiciels de traitement d’images de réaliser les fonctions demandées par le projet SAS-VH (détection vitesse nulle, reconnaissance des quais aménagés, la position du train /au quai…). Les recherches ont là encore permis l’amélioration des cibles dont la captation du dessin était jusqu’à présent insuffisamment précise (problème lié à la luminosité, les ombres, l’eau…).

Ce projet complexe repose sur de nombreux travaux de recherches et sur des innovations technologiques qui demanderont du temps et de nombreuses expérimentations.