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Chronique d’Anaïs :
Informatique et handicap moteur

Dans cette troisième lettre de l’accessibilité, je vous propose de découvrir comment les différentes technologies d’assistance informatiques facilitent l’usage d’un ordinateur pour les personnes atteintes d’un handicap moteur...

Comprendre le handicap moteur

Le handicap moteur recouvre l’ensemble des troubles pouvant entraîner une atteinte totale ou partielle de la motricité, notamment des membres inférieurs et/ou supérieurs, engendrant des difficultés pour se déplacer, se mouvoir ou changer de position, appréhender et manipuler les objets, ou encore effectuer certains gestes.

Un ordinateur, par exemple, implique l’utilisation d’un clavier et d’une souris. Lorsque l’accès à ces interfaces est problématique du fait d’une motricité réduite, imprécise ou nulle, diverses alternatives permettent une utilisation aisée de la souris et du clavier.

Les technologies d’assistance…

Pour les personnes qui ne peuvent bouger leurs membres volontairement mais qui conservent les mouvements du cou et/ou de la tête, il existe des dispositifs basés sur les mouvements de la tête appelés souris à tête. Une pastille métallique est posée sur le front de l’usager (ou sur une monture de lunettes) et, couplée à un système infra rouge, lui-même posé en face de l’utilisateur, elle transforme ses mouvements de tête en déplacement du curseur.

De même une personne ne pouvant utiliser ses mains peut se servir d’une souris à bouche capable de couvrir toutes les fonctions d’une souris classique. Les déplacements sont effectués en déplaçant le bec par rapport à son support fixe. Les clics gauches et droits sont déclenchés par des variations de pression d’air dans la tige buccale (une aspiration ou inspiration minimale suffit).

Il existe aussi des souris à boule (trackballs) qui permettent aux utilisateurs de faire rouler une bille sous leurs doigts déplaçant ainsi le pointeur à l’écran. Ce système est particulièrement facilitateur pour les personnes dont les mains tremblent car il permet de positionner correctement le curseur sans avoir à cliquer sur la souris. Une personne avec des tremblements dans les mains peut aussi manipuler la boule de la souris avec un pied, si le contrôle moteur des pieds est suffisant.

Afin de réaliser des actions simples comme un clic de souris, la personne peut être équipée d’un contacteur. Plusieurs types de contacteur existent comme des contacteurs pneumatiques, des contacteurs à détection de proximité, des contacteurs à souffle ou des boutons poussoirs. Par exemple, si une personne ne peut déplacer que sa tête, un bouton poussoir placé à côté de sa tête peut lui permettre de cliquer dessus par un mouvement de tête. Cette action est généralement interprétée par un logiciel spécial installé sur l’ordinateur.

Dans certains types de handicap, un clavier adapté peut être utile. Certains claviers ont des zones élevées entre les touches, afin de permettre à une personne de reposer sa main dessus, puis de taper avec ses doigts sur les touches. D’autres claviers spécifiques sont conçus pour une utilisation avec une seule main.

Pour les personnes qui éprouvent des difficultés à maîtriser le clavier mais qui utilisent avec précision un dispositif de pointage, il existe des claviers virtuels, c’est-à-dire des logiciels simulant le clavier affiché à l’écran. Il permet d’insérer du texte en n’utilisant que la souris.

Un dispositif de suivi des yeux (Eye-Tracking) peut être une alternative pour les personnes tétraplégiques. Ce dispositif suit le mouvement des yeux et permet ainsi à la personne de naviguer seulement avec les mouvements oculaires. Le clic de souris peut alors être traduit par des clignements de paupières rapprochés.

Enfin l’installation d’un logiciel de reconnaissance vocale offre la possibilité à une personne handicapée de contrôler l’ordinateur par la parole.

Les outils informatiques mis à disposition des personnes handicapées moteurs sont nombreux et parfois complémentaires, la liste présentée ci-dessus est loin d’être exhaustive.

Il y a un point essentiel à garder à l’esprit…

La plupart des technologies d’assistance pour les personnes présentant un handicap moteur fonctionnent soit via le clavier, soit simulent une fonctionnalité activable par le clavier.