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Chronique d’Anaïs

Anaïs s’intéresse ce mois-ci au handicap psychique, un handicap complexe et encore mal connu.

La folie a toujours fait peur. La représentation des maladies mentales et du handicap psychique repose souvent exclusivement sur la notion de dangerosité, ce qui est pourtant très réducteur. Les comportements spectaculaires et agressifs dus à de tels troubles sont en effet rares. En revanche, dans l’immense majorité des cas, les difficultés réelles provoquées par le handicap psychique restent méconnues et ne sont la plupart du temps malheureusement pas prises en compte.

Qu’est-ce que le handicap ?

Il convient d’abord de revenir sur la notion même de handicap qui correspond à une limitation d’activité due à une altération de fonction, la déficience. Cette déficience provoque une ou des incapacités qui induisent des désavantages tels que la restriction de la participation à la vie en société.

L’adjectif mental vient du latin mens qui, tout comme psyché en grec, signifie l’esprit, l’âme. On parle de handicap ou de troubles psychiques, ou encore de maladie mentale lorsqu’il y a dysfonctionnement de la personnalité. Ce dysfonctionnement se caractérise par des perturbations graves, durables voire chroniques du comportement et de l’adaptation sociale. Le handicap psychique est le résultat d’une pathologie psychiatrique ou d’un traumatisme crânien qu’il convient de distinguer du handicap mental, conséquence d’une déficience intellectuelle.

La loi de février 2005, une révolution

La loi de février 2005 est une révolution en ce qu’elle reconnaît pour la première fois le handicap d’origine psychique. Elle introduit également les notions de compensation et d’accessibilité en instaurant la création de maisons départementales des personnes handicapées et en rendant l’accessibilité obligatoire.
90% des malades psychiques vivent dans la cité et nombreux sont ceux qui pourront désormais bénéficier des aides spécifiques accordées aux personnes handicapées.

La diversité des troubles psychiques

Le handicap psychique est un handicap durable dont le caractère non apparent constitue l’une des spécificités, d’autant plus que les victimes d’un handicap psychique ont parfois du mal à exprimer leurs difficultés. Secondaire à la maladie psychique, il reste à ce jour de cause inconnue. Les capacités intellectuelles sont indemnes et peuvent évoluer de manière satisfaisante. C’est la possibilité de les utiliser qui est déficiente. La symptomatologie est instable, imprévisible. La prise de médicaments est le plus souvent indispensable, associée à des techniques de soins visant à pallier, voire à réadapter, les capacités à penser et à décider.
Le handicap psychique se caractérise également par la multitude des troubles et des maladies en cause : dépression, psychoses, névroses etc. Ces troubles ne constituent pas une « maladie de l’âme » mais résultent de dysfonctionnements cérébraux plurifactoriels.

Parmi tous ces troubles distinguons :

  • La schizophrénie, ou plutôt les schizophrénies car elles sont variées, comptent parmi les maladies psychiques les plus graves. Elles se caractérisent par une perte de cohérence de la pensée, des propos et des comportements pouvant donner des aspects de bizarrerie et d’imprévisibilité.
  • Les troubles bipolaires concernent 1% de la population mondiale. Ils sont à l’origine de changements d’humeur pouvant aller d’une profonde tristesse à un sentiment d’euphorie excessive et aux conséquences graves allant du comportement inadapté au risque de suicide.
  • Les troubles de l’anxiété se manifestent de différentes façons. Alors que le trouble panique ou l’agoraphobie peuvent déclencher des crises d’angoisse violentes et des attaques de panique, le TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif) se caractérise, comme son nom l’indique, par des obsessions et des compulsions.
  • Les troubles de la personnalité englobent des comportements très variés. On retient souvent la notion de personnalité antisociale dont les troubles dans la conduite sociale peuvent entraîner certaines formes de violence et d’agressivité.

Une association pour accompagner les personnes victimes de troubles psychiques et leurs familles

L’Union Nationale des Amis et Familles de personnes Malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) est une association reconnue d’utilité publique fondée en 1963 qui accueille, soutient et informe les familles confrontées aux troubles psychiques d’un de leurs membres. L’association participe également de façon active à la politique d’accessibilité de l’entreprise SNCF. Elle intervient en effet dans la sensibilisation et la mise à niveau des connaissances des formateurs à l’accueil et l’accompagnement des clients en situation de handicap en matière de handicap psychique.

Un handicap mal connu

Les troubles psychiques, même s’ils sont fréquents (ils touchent entre 3 et 5% de la population française), sont invisibles et demeurent méconnus. La recherche a permis d’identifier quelques pistes susceptibles d’expliquer le déclenchement de ces troubles : vulnérabilité génétique, perturbations durant la grossesse, accident. On constate que les troubles psychiques se déclarent souvent à la fin de l’adolescence et au début de la vie adulte.

Les espoirs reposent sur la recherche en neurosciences et en imagerie médicale cérébrale qui pourraient permettre d’identifier les causes de ces dysfonctionnements cérébraux pour ainsi mieux appréhender le handicap et améliorer les soins et l’accompagnement.