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Chronique :
Le Mont-Blanc Express à rude épreuve

Même s’il permet d’accéder aux sommets enneigés, le Mont-Blanc Express n’est pas pour autant accessible à tous. État des lieux.

Mètre, fil à plomb, dynamomètre, pied à coulisse, appareil photo, feuille de relevé et crayons… Munis de leur sacoche d’instruments spécifiques et alors que l’air frais du matin pince encore en gare de Saint-Gervais/Le Fayet, deux experts du Centre d’ingénierie du Matériel (CIM) sont venus du Mans rendre une petite visite aux Z800.

Une ligne entre la France et la Suisse

Ces rames qui circulent sur la ligne ferroviaire du Mont-Blanc Express desservent chaque jour une vingtaine de gares et haltes en vallée de Chamonix entre Saint-Gervais et Vallorcines puis poursuivent leur route jusqu’à Martigny dans le Valais Suisse. Point de départ de nombreuses attractions : mer de glace, aiguille du midi, le Brévent, le Parc Merlet, la ligne qui emprunte une voie métrique est très fréquentée des skieurs l’hiver et des randonneurs l’été. Oui mais voilà, le niveau d’accessibilité de ces jolies rames rouge et blanche mises en services en 1997/1998 n’est plus en phase avec la réglementation actuelle.

« Les Z800 font partie des matériels que l’on doit expertiser pour connaitre leur niveau d’accessibilité », explique Pascal Lepage du CIM. « Cet état des lieux sera communiqué au Conseil régional Rhône-Alpes qui, en tant qu’autorité organisatrice, doit rédiger et s’engager sur un nouveau schéma d’accessibilité Ad’AP pour les transports de sa région »

250 critères passés en revue

Vérification de la hauteur et du contraste des marches donnant sur la plateforme, du diamètre et de l’emplacement des mains courantes, des dimensions de l’espace fauteuil roulant, de la hauteur des assises de sièges… Les deux experts du CIM reportent toutes les mesures sur leur grille d’analyse reprenant plus de 250 critères. Et à l’appui, ils prennent chaque élément en photo afin que rien ne leur échappe. La taille et le contraste de la signalétique sont analysés. L’information visuelle et sonore à bord est testée avec l’aide du conducteur associé à l’expertise. La pression nécessaire pour ouvrir la porte des toilettes est contrôlée.

« Il faut que la force exercée pour ouvrir les WC soit inférieure à 20 newtons soit 2 kilos de pression sinon une personne handicapée pourrait ne pas réussir à ouvrir les toilettes. Dans le cas de la Z800 c’est bon, on est à 18 newtons, nous ne conseillerons pas de remplacer les poignées ».

La journée s’étire mais les gestes restent précis et la concentration de mise. De retour au Mans, les deux experts du CIM renseigneront leur base de données. Une synthèse sous forme de diagnostic illustré de graphiques par type de handicap sera transmise aux correspondants TER de Rhône Alpes, le but étant de renseigner l’analyse matériels ferroviaires de l’Ad’AP régional.

À l’occasion d’une rénovation de matériel roulant, ces diagnostics pourront également être utilisés comme aide à la décision dans les choix d’amélioration de l’accessibilité du matériel concerné.