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Chronique portrait : Marc-André Cratère

L’escrimeur aux multiples médailles se confie sur sa vie de sportif professionnel et sur son métier d’agent commercial voyageurs.

Marc-André Cratère naît aux Antilles en 1973 et perd l’usage de ses jambes dans un accident à l’âge de 22 ans. En 2000, il décide de s’installer à Paris puis découvre l’escrime handisport quelques années plus tard. Et tout s’enchaîne. Marc-André fait ses premières compétitions et rafle les médailles. En 2008, le sportif intègre SNCF dans le dispositif Athlètes SNCF. Il détient à son palmarès une Médaille d’Argent aux Jeux Paralympiques de Londres (2012), plusieurs titres et podiums en Championnat du Monde (2006, 2010, 2011…), un Globe de Cristal à l’épée (2013) ainsi que de nombreux titres de Champion d’Europe et de France.

Aujourd’hui, Marc-André jongle entre sa vie d’agent commercial voyageurs et celle d’escrimeur handisport.

Embauché en 2008 dans le dispositif Athlètes SNCF : que cela vous a-t-il apporté ?

Cela m’a permis d’avoir davantage de temps libre pour m’entraîner, d’aller en compétition, de faire des stages… Avant SNCF, je travaillais à Décathlon mais quand je partais en compétition je devais rattraper mes heures. Je n’avançais pas. SNCF me permet, aujourd’hui, de pratiquer le sport que j’aime et d’être également encore plus performant.

Quelle est la journée type d’un agent commercial voyageurs conjuguant avec sa vie d’escrimeur ?

Il y a peu de temps, je commençais à 6h et finissais à 14h puis à 15h j’allais directement m’entraîner et ce jusqu’à 22h. J’ai modifié mes horaires car il était difficile de suivre à cause du physique. Je travaille maintenant 2 fois par semaine (mardi et vendredi) et les autres jours de la semaine (lundi, mercredi et jeudi) je suis aux entraînements toute la journée. Cependant, cette année est différente à cause des JO* (Jeux Olympiques Rio 2016). Je m’entraîne donc 80% de mon temps et ce jusqu’aux sélections pour les JO en juin. Passé les sélections, je me suis arrangé avec mon coach et SNCF afin d’être à 100% de mon temps en entraînement. Chaque sportif est différent et normalement le contrat propose 50% de temps de travail et 50% d’entraînement.

Vous avez encore du temps pour les opérations de sensibilisation au handicap, les forums ou les rencontres avec les jeunes en difficulté professionnelle : cela vous tient-il à cœur de partager votre expérience ?

Depuis que je suis en fauteuil, j’ai envie de donner de moi-même et d’aider les autres. Mes amis disent toujours de moi que je pense plus aux autres qu’à moi-même. Mais aider les gens en difficulté et voir un sourire sur le visage d’un enfant, cela n’a pas de prix. J’ai également un projet qui est de promouvoir l’escrime handisport en Martinique car aux Antilles cette pratique n’existe pas. SNCF m’a suivi dans ce projet et m’aide financièrement pour notamment équiper matériellement les personnes sur place.

Quels sont vos projets au sein de SNCF et après ?

Quand les JO de Rio seront passés, je souhaiterais évoluer au sein du Groupe et faire des formations. Je ne peux pas en faire pendant les compétitions car je ne veux pas arrêter une formation en cours de route. Je souhaiterais également aller aux JO de Tokyo en 2020 puis arrêter ma carrière sportive là-bas. Je voudrais réaliser un rêve d’enfant. En CE1, je rêvais d’aller découvrir Tokyo. Je pense que là-bas, la boucle sera bouclée et j’arrêterai ma carrière sportive sur cette belle note de fin.